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L’empreinte carbone de l’aviation générale : infime pour le secteur, lourde par pilote

Ce qu’émet l’aviation générale, sources à l’appui : avions d’affaires, avions à pistons, la flotte d’un aéroclub et votre propre carnet de vol, ainsi que les angles morts que personne n’a mesurés.

8 min de lecture

L’aviation générale regroupe tous les vols civils effectués en dehors des compagnies aériennes, du Piper Cub au Gulfstream. Là où on l’a mesurée, ce sont les avions d’affaires qui sont à l’origine de l’essentiel de son CO₂. Les avions à pistons en émettent peu : aux États-Unis, l’avgas a produit environ 1,6 million de tonnes de CO₂ en 2025, soit environ 0,6 % du CO₂ issu du carburant d’aviation du pays. Pourtant, une année chargée de 100 heures en Cessna 172 émet environ 8,8 tonnes, près de deux ans d’une voiture américaine moyenne.

En 2025, l’essence automobile américaine a émis en environ 13 heures autant de CO₂ que tout l’avgas du pays en un an (notre calcul, d’après les données de l’Energy Information Administration américaine, l’EIA). Quand les gros titres parlent d’« aviation privée », ils mesurent surtout les jets. Ni l’un ni l’autre ne vous dit ce qu’émettent les heures de votre carnet de vol.

TrimCarbon vend des compensations carbone. Les chiffres externes renvoient à leurs sources, et nos propres calculs sont signalés comme tels. Chiffres vérifiés en août 2026.

L’aviation dans son ensemble : environ 2 % du CO₂, environ 4 % du réchauffement

L’aviation a émis 882 millions de tonnes de CO₂ en 2023, environ 2 % du total d’origine humaine (ATAG, un groupement de l’industrie du transport aérien). Une étude de 2021 a conclu que l’aviation avait causé environ 4 % du réchauffement d’origine humaine jusqu’en 2019, tout en émettant 2,4 % du CO₂ annuel, parce que ses autres effets, comme les oxydes d’azote et les traînées de condensation, contribuent eux aussi au réchauffement.

Ces moyennes décrivent des jets à leur altitude de croisière : aux États-Unis, le carburéacteur représentait plus de 97 % du CO₂ de l’aviation en 2019. Un monomoteur à pistons à 4 500 pieds ajoute-t-il une part de ce réchauffement supplémentaire ? C’est la question traitée dans les petits avions font-ils des traînées de condensation ?

Les avions d’affaires : l’essentiel du CO₂ de l’aviation générale

Un rapport réalisé pour le ministère britannique des Transports (Department for Transport) définit l’aviation générale comme toute exploitation civile d’aéronefs autre que le transport aérien commercial. Dans son bilan de référence de 2019, les vols d’affaires étaient à l’origine d’environ 75 % des 795 000 tonnes de CO₂e de l’aviation générale britannique (le CO₂ plus les autres gaz à effet de serre, exprimés en équivalent CO₂).

À l’échelle mondiale, une étude de 2024 a estimé que l’aviation privée avait émis au moins 15,6 millions de tonnes de CO₂ en 2023. Elle a suivi 22 878 avions d’affaires à réaction et 3 115 turbopropulseurs, et aucun modèle à pistons. Même le type le plus sobre de son tableau de consommation, un turbopropulseur Piper PA-46, y figure à 48 gallons US (environ 182 L) par heure, contre 10,6 (40 L) pour un 172. Selon nos calculs, l’aviation privée a émis environ 2,4 t de CO₂ par heure de vol en 2023 (15,6 millions de tonnes pour 6,47 millions d’heures de vol), soit environ 27 fois une heure de 172.

Rien de tout cela ne rend propre une heure de vol à pistons.

Les avions à pistons : environ 0,6 % du CO₂ du carburant d’aviation aux États-Unis

L’avgas, le carburant de la plupart des avions à pistons, a produit 1,585 million de tonnes de CO₂ aux États-Unis en 2025. L’EIA comptabilise les quantités d’avgas fournies : c’est donc l’indicateur mesuré le plus proche du vol à pistons américain, même s’il laisse de côté les moteurs qui brûlent de l’essence auto ou, pour les diesels, du carburéacteur. Selon nos calculs, cela représente environ 0,6 % du CO₂ du carburant d’aviation américain, 0,08 % du CO₂ des transports et 0,03 % du CO₂ de toute l’énergie consommée aux États-Unis.

L’étude britannique ventile aussi ses chiffres de 2019 par masse. Les aéronefs de 751 à 5 700 kg (la catégorie du 172, qui comprend aussi des turbopropulseurs et de petits jets) ont effectué environ 73 % des heures de vol de l’aviation générale à voilure fixe, mais n’ont émis qu’environ un cinquième du CO₂e de la voilure fixe. Les aéronefs de 15 à 50 tonnes, surtout de l’aviation d’affaires selon le rapport, ont effectué moins de 10 % des heures et émis 62 % (notre calcul).

Ce qu’émet un pilote privé en un an

Les parts du secteur sont faibles parce que peu de gens pilotent de petits avions. Par pilote, les heures s’additionnent vite.

Le calculateur TrimCarbon utilise une consommation de croisière typique (environ 75 % de puissance). Pour un 172, cela fait environ 10,6 gallons US (40 L) par heure. Chaque gallon US d’avgas rejette 8,31 kg de CO₂ (environ 2,20 kg par litre), donc une heure de 172 représente environ 88 kg de CO₂. Voici le cumul sur une année (notre calcul) :

  • 28 heures, environ 2,5 t : toute l’empreinte liée au mode de vie, en CO₂e, qu’une trajectoire à 1,5 °C autorise par personne en 2030 (Hot or Cool Institute). Prenez-le comme un ordre de grandeur, pas comme un verdict.
  • 52 heures, environ 4,6 t : ce qu’émet en un an une voiture particulière américaine typique.
  • 100 heures, environ 8,8 t : 3,5 fois ce chiffre de 2030.

Les heures à puissance réduite et les heures d’instruction consomment moins : une étude canadienne de 2024 a chiffré la formation, de la première leçon à la licence de pilote professionnel, à 70,4 kg de CO₂ par heure, environ 20 % de moins que le chiffre de croisière du 172 (plus de détails dans ce qu’apprendre à piloter coûte au climat). Pour obtenir votre propre chiffre, multipliez les gallons US de vos factures de carburant par 8,31 kg (les litres par 2,20), ou entrez vos heures Hobbs, et non votre temps tachymétrique, dans le calculateur.

Mes propres 170 heures de pilote privé, surtout en Cessna 172, représentent environ 15 tonnes d’après les chiffres du calculateur. J’ai financé le retrait de crédits carbone pour chacune d’elles, et même davantage. Pour en savoir plus sur la façon de vivre avec ce chiffre, lisez voler avec une conscience climatique.

Quand on vous demande ce qu’émet votre aérodrome

Membres, riverains, conseils municipaux et journalistes demandent aux aéroclubs et aux écoles ce qu’émettent les vols sur leur aérodrome. Citez les chiffres du secteur ci-dessus, puis ajoutez celui de votre flotte.

Un aéroclub actif dont les deux PA-28 et le Cessna 152 volent chacun 400 heures par an émet environ 85 t de CO₂ d’après les chiffres du calculateur, autant qu’une voiture américaine moyenne en 18 ans. Ni le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE, ou EU ETS) ni le CORSIA de l’OACI ne couvrent des avions aussi légers : la mesure, ce sont les relevés de carburant du club.

Donnez ensuite vos chiffres : « En 2025, nous avons volé 1 200 heures, émis environ 85 tonnes de CO₂ et financé le retrait de 85 tonnes de crédits carbone notés. » Laissez de côté les « vols neutres en carbone » : des règles de l’UE qui s’appliqueront à partir du 27 septembre 2026 (directive (UE) 2024/825, appliquée via le droit de chaque pays) interdiront aux entreprises d’affirmer, sur la base de la compensation, qu’un produit a un impact neutre, réduit ou positif en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Le plan climat pour les écoles de pilotage et les aéroclubs détaille les étapes. Les flottes de plus de 15 t par an, comme celle-ci, bénéficient d’un tarif sur mesure : parlez-nous de votre flotte.

Là où les données s’arrêtent

Si vous connaissez de meilleures données, dites-le-nous et nous mettrons cette page à jour.

Les questions que posent les pilotes

Quelle part des émissions provient de l’aviation générale ? Nous n’avons trouvé aucun chiffre mondial à jour. Selon nos calculs sur les données de l’EIA, l’avgas représentait environ 0,08 % du CO₂ des transports aux États-Unis en 2025. À l’échelle mondiale, les jets privés et les turbopropulseurs ont émis l’équivalent de 1,7 à 1,8 % du CO₂ de l’aviation commerciale en 2023. En 2008, l’AOPA a indiqué à l’EPA, à partir de l’inventaire de l’EPA elle-même, que l’aviation générale américaine produisait 0,74 % des émissions des transports, dont 0,61 point pour les jets et 0,13 pour les avions à pistons.

L’aviation privée est-elle mauvaise pour l’environnement ? Selon nos calculs, une heure en jet privé ou en turbopropulseur représentait en moyenne environ 2,4 t de CO₂ en 2023, soit environ 27 fois une heure de 172. Le vol à pistons pèse peu en tant que secteur, mais pas par personne : 100 heures en 172, c’est environ 8,8 t. Ce qui dépend de vous, c’est le carburant : consommez moins, puis compensez le reste.

Piloter un petit avion, est-ce pire que prendre la voiture ? Cela dépend de la distance et du nombre de sièges occupés. Nous faisons le calcul siège par siège dans avion ou voiture.

Les petits avions sont-ils exemptés du SEQE-UE et du CORSIA ? Oui. Le SEQE-UE exclut notamment :

  • Masse : les aéronefs dont la masse maximale certifiée au décollage est inférieure à 5 700 kg (celle d’un 172S est de 1 157 kg).
  • VFR : les vols effectués uniquement selon les règles de vol à vue.
  • Formation : les vols effectués uniquement en vue d’une licence ou d’une qualification, signalés comme tels dans le plan de vol, sans passagers ni fret.

Le CORSIA ne s’applique pas non plus aux aéronefs de moins de 5 700 kg. Une proposition de juillet 2026 ferait entrer davantage de vols d’affaires dans le SEQE-UE à partir de 2029. En août 2026, elle n’avait pas force de loi, et le résumé que nous avons lu ne dit rien des avions légers.

Compenser votre part

Commencez par le carburant : sur un avion-école à quatre cylindres typique, bien appauvrir le mélange en croisière économise souvent un gallon US (environ 3,8 L) par heure ou plus par rapport au plein riche. Les cinq étapes, à commencer par consommer moins, couvrent le reste.

Compensez ensuite ce qui reste. Une compensation n’annule pas le vol : votre paiement finance le retrait de crédits carbone notés, pour du CO₂ évité ou absorbé ailleurs. TrimCarbon achète ses crédits par l’intermédiaire du portefeuille Impact de CNaught, auprès de projets bien notés par au moins une des agences Sylvera, BeZero, Calyx Global ou Renoster. Les crédits sont retirés sur des registres publics, et chaque commande est accompagnée de votre certificat TrimCarbon, qui liste les projets correspondants.

Une année de 100 heures en 172 (8,8 t) coûte environ 262 $ avec le plan annuel, soit environ 2,62 $ par heure de vol. Pour d’autres avions et d’autres plans, lisez ce que coûte la compensation d’une heure de vol.

Combien émettent vos vols ?

Choisissez votre avion et vos heures pour voir le CO₂ et ce que coûte sa compensation.

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